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jeudi 13 avril 2017

moi Gwénaouel Houet invite Christian Jacob à Granville mardi 18 avril 2017

Pas rancunier mon boss et collègue dépouté à l'Assemblée Nationale ou a-t-il oublié lui aussi la séquence?
Je parle bien sûr de Christian Jacob, le président du groupe parlementaire Les Répoublicains au Palais Bourbon.

Pour la petite histoire, je le fais venir à Granville mardi 18 avril 2017 pour animer une réunion publique LR dans le cadre de l'élection présidentielle.

Je n'en reviens quoisiment pas qu'il ait accepté l'invitation. 
Il y a trois ans, le 4 juin 2014, je l'avais mis en grande difficulté dans l'émission matinale de Jean-Jacques Bourdin, "Bourdin Direct" sur BFMTV.
Pas trop réputé pour être tendre avec ses invités, le gars Bourdin l'avait questionné et même harcelé sur mon fa(/u)meux amendement "col blanc" que j'avais co-écrit et déposé au bureau de l'Assemblée Nationale deux jours plus tôt (texte amendement 406 dit "col blanc").

Le texte en question visait la décriminalisation des crimes financiers. Pour faire simple, je souhaitais que les délits financiers comme les malversations, les escroqueries, le blanchiment d'argent puissent ne plus conduire en prison.

Rétrospectivement, c'est vrai que cet amendement n'était pas trop intelligent, alors que nous étions en pleine affaire politico-financière Bygmalion (lire ici).
Entre-nous, si je faisais quoi que ce soit d'intelligent, ça se saurait, non?

la vidéo "Bourdin Direct" sur BFMTV avec Christian Jacob : cliquer ici, c'est vivement conseiller pour comprendre la suite.


Pas à trop à l'aise et plutôt embarrassé sur le sujet le boss. 
Visiblement, vue sa réaction, il n'avait pas eu vent de mon amendement.

Il a fait du bruit ce texte auprès de mes collègues dépoutés.  «Proposition fantaisiste» ou «provocation» disaient-ils. Peut-être, et alors?
Sans oublier les médias (lire ici ou là) et les réseaux sociaux (lire ici).

Au moins, on parlait de moi, comme le tweet polémique au relent raciste de juin 2016 qui a buzzé sur internet et dans les médias et à l'origine de la plainte pour diffamation et outrage public contre (Monsieur) X, enfin contre le blogueur d'Avranches (lire ici).
Sur les deux séquences, j'ai eu «mon quart d'heure de célébrité» comme aurait dit Andy Warhol (lire ici).
Amendement "col blanc", tweet polémique et bien d'autres sujets, même si on ne parlait pas de moi en bien, on parlait de moi, ce qui signifiait que J'EXISTAIS. 
J'ai lu cela il y a quelques années dans un ouvrage «la psychologie pour les nuls» quand j'étais en vacances d'été à Locmariaquer.

Pour revenir à l'amendement "col blanc", Christian Jacob, à son retour du studio BFMTV, m'a convoqué dans son bureau au Palais Bourbon. 
Alors que j'étais en train de finir une grille de soduku et que, pour une fois, j'étais à l'Assemblée Nationale. 


«Gwénaouel, c'est quoi cet amendement, bordel? Il me dit, furieux.
T'es vraiment tombé sur la tête!!! Cela en pleine affaire Bygmalion. 
Avec ton amendement, tout le monde va croire que l'UMP cherche à couvrir Sarko et les autres. 
Tu tends le bâton pour te faire battre. Et le pire que c'est moi qui prend les coups chez Bourdin.
Gwénaouel, tu vas me retirer cet amendement illico presto!!»

Bien informé, le jour même, le quotidien gauchiste Libération résume sur son site internet la séquence (source ici) :
 «Fin de la polémique. Le député UMP Guénhaël Huet (Manche) a retiré ce matin, après un entretien avec le patron de son groupe parlementaire Christian Jacob, l'amendement numéro 406 qu’il avait déposé sur le projet de loi de réforme pénale. Le texte, auquel s’étaient associés plusieurs élus de droite, proposait de n’emprisonner que les auteurs d’un «crime commis à l’encontre d’une personne physique et qui porte atteinte à cette personne directement». 
Une formulation d’ailleurs un peu maladroite, reconnaît l’élu de la Manche : «J’aurais dû utiliser le terme "délit" plutôt que "crime".»

Qui d'entre-vous s'était souvenu de cette polémique? Personne, pas même Christian Jacob, puisqu'il sera à Granville mardi prochain à la salle du Hérel à 19h30. 
A moins qu'il ne soit pas rancunier, ce qui n'est pas une de mes qualités (cela se saurait) ...

A mardi prochain à Granville, mes ami(e)s, je compte sur vous.
votre fidèle et dévoué Gwénaouel, en campagne pour les élections législatives pour un troisième mandat de dépouté sur la 2ème circonscription de la Manche.

jeudi 31 mai 2012

moi Gwénaouël Houet et le parachutage législatif


Vous vous interrogez si je suis un bon dépouté.
Il y a longtemps que cette question je ne me la pose plus.
En 2007 c'est sur qu'il y a eu une erreur de casting.
Déjà sur la photo de campagne, le costume était trop large. Un signe??
Dans l'intérêt du sud Manche il aurait mieux valu que ce soit Philippe Bas, le candidat investi par l'UMP même parachuté, qui aille au Palais Bourbon.

Mais moi aussi je voulais y aller. Le rêve de tout élu qui a les dents longues.
Ce sont les électeurs qui ont tranché.
La compétence ce n'est pas ce que recherche les électeurs dans le sud-Manche. Cela se saurait depuis toutes ces décennies.

Ils regardent plutôt si vous êtes sur les marchés, aux courses de vélos, aux comices agricoles, aux repas des anciens, aux stades de foot, aux concours de pétanque, aux inaugurations de chrysanthème, ... et j'en passe et des meilleurs.

Bon c'est du temps à consacrer, mais ça paie au final.


Donc en 2007 quand j'ai décidé d'aller seul, sans l'investiture de l'UMP, je prenais un risque. En réalité limité.
Avec mes pérégrinations dans tout le sud Manche - je connais le territoire de long en large et même en diagonal -  j'étais connu comme le loup blanc.
J'avais comme on dit labouré et semé, il ne restait plus qu'à récolter.

Et puis ma campagne des législatives a été un franc succès. Même le blogueur d'avranches (dés)informations l'a reconnu. C'est pour dire! (lire article)

J'ai fait une campagne de proximité (comme cette année) couplée à une campagne de dénigrement systématique autour du parachutage de Philippe Bas. Regardez mes beaux autocollants  et mon tact à droite. Collector! 
Il avait beau être ministre, adoubé par le parti, être l'ancien secrétaire général de Chirac, avoir un carnet d'adresse épais comme le catalogue de la Redoute avec les contacts dans les plus hautes sphères politiques, économiques et administratives et même la ligne directe du Pape Jean-Paul II - en comparaison le mien se limite aux vainqueurs du tour de France cycliste en retraite - , les habitants du sud Manche ont rejeté son largage et ont voté pour moi. Qu'ils en soient remerciés.

«Pourtant le parachutage législatif n'est pas un problème, ça peut être même une très bonne chose».Attention cette phrase qui fait l'éloge du parachutage, si elle est sur ce blog,  ce n'est pas moi qui l'ait dit.

Je l'ai repris d'un chroniqueur de France Inter, Thomas Legrand, je crois.

Si vous suivez bien ce blog, vous savez que j'écoute la radio «Rire et chansons» (lire l'article), il y a de bonnes histoires rigolotes, faciles à retenir et à raconter aux copains.

Un matin de janvier, je ne sais pourquoi je suis tombé sur cette station que je n'écoute jamais. 

Une radio de gauchistes et d'anti-sarkos avec Mermet, Guillon, Aram et compagnie.

Pourtant je suis resté quelques minutes sur cette fréquence à écouter cette chronique.
Pas mal écrite. Même si je ne partage pas le texte. Mais pas du tout!

Voyez voir :

«l'éloge du parachutage» par Thomas Legrand (04/01/2012) 

«Oui, si l’on considère le rôle réel du parlement, le parachutage législatif n’est pas un problème ; ça peut être même une très bonne chose. Tout simplement parce que le député n’est pas un élu local.
C’est un élu de la nation. 
Il est élu PAR sa circonscription mais pas DE sa circonscription. 

Il est censé voter les lois et contrôler l’action du gouvernement dans l’intérêt du pays, et pas forcément de celui des habitants de sa seule circonscription. Dans cette logique, un bon député est un député en séance, en commission, qui travaille à la rédaction des lois… pas un député sur les lieux de son élection. 

Au fond, la question n’est pas de savoir si le député de votre coin connaît tous les fromages du département, se souvient du prénom de la grosse caisse de la fanfare municipale… il y a les sénateurs et les conseillers généraux pour ça… l’important c’est que le député ait assez de compétence et surtout de temps pour lire le budget de la nation et comprendre ce qu’il vote sans suivre de façon moutonnière les avis des experts de son parti. 

Avec le cumul des mandats, la race des députés-maires a fabriqué des baronnies et des parlementaires « arrondissementiers », comme disait François Mitterrand, absentéistes en séance mais bien ancrés dans leur terroir, accrochés à leurs quartiers, à leur campagne. 

En milieu de semaine, là, ils sont à Paris…ils sont sur les bancs de l’Assemblée, le mardi et le mercredi après midi, lors des questions au gouvernement, afin que tous les pensionnaires des maisons de retraite de leur département puissent constater qu’ils se préoccupent bien de l’usine du coin en difficulté ou de la rocade de contournement en attente de crédits.
Oui, un député a plus de chance d’assurer sa réélection en courant les marchés, les foires aux bestiaux ou en se faisant l’assistante sociale de sa circonscription plutôt qu’en passant des nuits à discuter le budget ou à rechercher la vérité sur un scandale public dans le cadre d’une commission d’enquête. 
Un travail pourtant essentiel mais obscur. C’est aussi à nous, citoyens, de ne pas demander à notre député ce qu’il a obtenu pour notre ville ou notre entreprise, voire pour notre famille, mais plutôt ce qu’il a voté sur les grandes questions nationales. 

Le parachutage permet à des personnalités diverses, de poids, et de talent d’accéder au parlement. Et puis, il n’y a pas d’usurpation démocratique, le parachutage n’est pas une garantie d’élection. 

De grand parachutés n’ont même jamais su ouvrir leur ventral : Bernard Kouchner s’est écrasé un peu partout, Philippe Séguin n’a pas réussi à poser le pied à Paris. 

Jack Lang, lui, devrait avoir la fourragère du RPIMA. Il atterrit toujours. Blois, le Pas-de-Calais… Suspens pour 2012 où on l’annonce aux quatre coins du pays. Il fut d’ailleurs un temps, sous d’autres républiques, où l’on pouvait se présenter dans plusieurs endroits à la fois. 

L’enracinement importait peu… c’était un honneur d’élire Lamartine ou Clémenceau. On se les disputait à travers la France. Bon c’est vrai, en ce moment, on n’a pas de Lamartine ni de Clémenceau sous la main. L’époque ne s’y prête plus. 

Même après ce plaidoyer pour le parachutage législatif, on peut concevoir que ça doit faire bizarre de voir planer Claude Guéant au-dessus sa ville. Mais la personnalité d’un parachutiste ne doit pas remettre en cause tout Newton et le principe du parachute.»


Heureusement que cette chronique n'a pas été diffusée en 2007, je n'aurais peut-être pas été élu.
Encore que. Dans le sud-Manche ils écoutent tous Tendance-Ouest, Virgin Radio ou comme moi Rire et Chansons.


Je ne sais pas pourquoi à entendre ce texte je me suis senti directement visé comme la chanson «l'Opportuniste» de Jacques Dutronc au festival Papillons de nuit en 2010 (lire l'article).

Des expressions qui font mouchent : «cumul des mandats», «race de députés-maires», «baronnies», «parlementaires arrondissementiers», «absentéisme en séance», ... 
C'est vrai que c'est totalement moi (lire l'article ou vidéo).

Pour revenir à Philippe Bas. Il a bien fini par atterrir sur le territoire.
Sans mon soutien. Pour sur.

Il a été élu en 2008 conseiller général du canton de Saint-Pois, le plus petit canton du département. 
J'ai soutenu activement la candidature de mon ami le maire de Coulouvray-Boisbenâtre face à ce nouveau parachutage. (lire ici)
Trop peur que Philippe Bas ne soit élu sur l'arrondissement et qu'il prenne sa revanche aux législatives 2012.
Malheureusement il ne s'est pas crashé sur cette cantonale et a été élu.
Pour éviter la guerre à droite aux législatives, les choses ont été bien faites. On l'a fait élire sénateur en septembre dernier avec Jean Bizet.
Ouf! Mon stress est retombé. 
Un boulevard s'ouvre pour moi en juin et ma réélection quasi-assurée.
Même si ça grogne ...
Pour conclure avec Philippe Bas, j'ai halluciné quand j'ai lu dans la presse qu'il soutenait l'ensemble des candidats UMP aux législatives dont moi (même si je ne suis pas cité explicitement).
Pas rancunier le sénateur avec toutes les vacheries que je lui ai faites. 
Pas comme moi.

En attendant venez me voir à mes réunions publiques. 
Pour ceux qui n'ont pas reçu mon courrier à leur domicile - ils ne doivent pas être bien nombreux - je serais avec mon souppléant Jean-Paul Launay (lire l'article) vendredi 1er juin à Sourdeval, chez mon ami Albert Bizare (salle Théophile Personne, 20h30), à Saint-Hilaire-du-H. mardi 5 janvier (espace St Hilaire, 20h30), à Mortain mercredi 6 juin (salle des associations, 20h30), Granville jeudi 7 juin (salle du Hérel, 20h30) et pour finir chez moi à Avranches vendredi 8 juin (salle Victor Hugo, 20h30).
Et comme toujours, en fin de chaque réunion, il y aura «à manger et à boire», pour reprendre la célèbre chanson des restos du coeur.

Et n'oubliez pas le 10 juin votez pour moi

votre dévoué Gwénaouël
Guénhaël Huet député UMP Avranches


jeudi 24 mai 2012

moi Gwénaouël Houet et mon absentéisme à l'Assemblée Nationale

S'il y a deux sites internet où il ne faut pas aller, ce sont «avranches infos» que je surnomme «avranches désinformations» et  «nos députés.fr». 
Comme toujours il suffit de déconseiller pour que tous s'y rendent. Pauvre France.

Aujourd'hui je vais évoquer 
«Nos députés.fr».
Ce site se définit comme «un site qui cherche à mettre en valeur l'activité parlementaire des députés de l'Assemblée Nationale française.
En synthétisant les différentes activités législatives et de contrôle du gouvernement des élus de la nation, ce site essaie de donner aux citoyens de nouveaux outils pour comprendre et analyser le travail de leurs représentants
.»



Dans la FAQ ("Questions Fréquemment Posées" en français), on apprend que le site est administré par des bénévoles membres du collectif «Regard Citoyens», une association indépendante de tout parti politique.
Comme dirait Brigitte mon adjointe à la ville d'Avranches «il y en a qui n'ont pas grand chose à faire».
Je ne suis pas loin de partager son avis.
Car dans la synthèse générale de l'activité parlementaire, dont la dernière mise à jour a été publiée ce midi, je passe encore pour un cancre.
Comme les fois précédentes (lire ici et la).
Si le site ne propose pas de classement des députés, il est possible d'en réaliser un dès lors que la comparaison entre dépoutés se fait sur les mêmes bases (même durée, ...).
Pour des question de temps, j'ai réaliser un classement sans note des députés de la Manche.
C'est facile il suffit de télécharger sur le site en question les données au format "csv" puis de faire un tri par département. 
Vous saurez faire?
Bon ça rame un peu avec mon micro-ordinateur Thomson MO5.



Ainsi, le résultat final n'est pas brillant. Je suis encore à la ramasse.
Je suis le dernier des 5 députés de la Manche au niveau du présentéisme à l'Assemblée Nationale ou le premier en terme d'absentéisme (vous choisissez).
la tableau (extrait : www.nosdeputes.fr) :

députésBernard CAZENEUVEAlain COUSINClaude GATIGNOLPhilippe GOSSELINmoi
semaines de présence (activité)126129115135113
présence moyenne mensuelle (en semaines)2,572,632,352,762,31
présence en Commission 163215210180148
présence moyenne mensuelle en Commissions (en semaines)3,334,394,293,673,02


Cela n'est pas nouveau. Mais comment cela peut-il être autrement? Quand on cumule les mandats de dépoutés, de maire d'une ville de 8.000 habitants et de président d'une communauté de communes, sans parler des différentes présidences d'associations (l'ETP, la Mission Locale...), on ne peut être partout.
Vous feriez mieux vous à ma place? Non bien sur!

La solution serait d'interdire d'exercer différents mandats électifs comme le propose le président socialiste Hollande.Oui mais NON! Je suis contre. Et si je suis de nouveau député (je compte sur vous) je voterais contre cette mesure.

Cela diminuerait mon influence sur le territoire avec le risque qu'une personnalité locale émerge et me fasse de l'ombre et qu'un jour je sois isolé comme je l'ai mis en pratique à la mairie d'Avranches contre l'ancien maire René André.
Autre inconvénient de l'interdiction du cumul des mandats : cela réduirait mes revenus.
Mon traitement  (dépouté+autres mandats) est plafonné à environ 10.000€ brut sans compter l'indemnité de représentative de frais de mandat fixée à 6.412€ brut, ce qui fait environ 16.400€ brut en moyenne par mois sans oublier les nombreux avantages en nature (voire là).
Vous pourriez vivre avec moins de 14.400€ brut par mois?
Moi non!


Une chose est comique. J'avais déclaré dans la Manche-Libre (daté du 02/11/2009) que j'étais favorable de pénaliser les députés qui faisaient l'école buissonnière. Cela avait du être aussi repris dans Ouest-France et la Gazette de la Manche. Une fois de plus j'aurais mieux de me taire.Car à cause de mes nombreuses absences à l'Assemblée Nationale et en commissions, l'année dernière j'ai été sanctionné d'une retenue de 710€ sur mon indemnité de fonction (relire ici).«L'arroseur arrosé» en quelque sorte.


Une prochainement fois j'évoquerai mon travail de dépouté à l'Assemblée Nationale.Là aussi pour être honnête ce n'est pas brillant ...
En attendant, venez me rencontrer dans mes meetings de campagne (il y a en certainement une à proximité de chez vous - voire la liste) et surtout n'oubliez pas le 10 juin 2012 de voter pour moi.


votre dévoué Gwénaouël
Guénhaël Huet député de la Manche






dimanche 15 avril 2012

moi, Gwénaouël Houet et la fermeture des tribunaux dans le soud Manche

Il est grand temps d'entrer dans le vif du sujet.
Le bilan de mon mandat au terme de 5 années à l'Assemblée Nationale.
Je le qualifiais il y a quelques temps de catastrophique (1). Je pense que ce terme "catastrophique" n'est pas usurpé.

Vous vous rappelez des grandes lignes de mon programme lors de la campagne 2007?
Non? Oublié là encore? C'est cela qu'il a de bien avec les gens, c'est qu'ils ne retiennent rien. 
C'est très bien, ils ne pourront pas me faire de quelconques reproches. 

En fin politicard (j'ai quand même des heures de route derrière moi) et même si je suis à droite, je m'étais arrangé pour que mon projet soit suffisamment général et consensuel, sinon démagogique et populiste. 
Un programme qui pourrait être apprécié tant par des électeurs de droite que de gauche en passant par le centre (cf. image à droite).
Voyez voir (extraits) :
  • redonner au travail sa vraie place (privilégier les revenu du travail par rapport à ceux du non travail)
  • réduire la dette publique (interdire dans la constitution que l'Etat vote des budgets de fonctionnement en déficit)
  • sauvegarder notre protection sociale
  • sauvegarder les services publics
  • dynamiser l'économie du sud-Manche (poursuivre le désenclavement routier et ferroviaire de l'Avranchin et du Mortainais).
Ce programme vous revient à l'esprit.
Aujourd'hui, il y a de quoi rire (jaune). N'est-ce pas?
Moi même quand je relis ce projet, je ne peux m'empêcher de pousser un rictus.
«Comment j'ai pu écrire cela. J'étais quand même gonflé».

Mais quand on veut être dépouté et dans le contexte de l'époque où je m'étais mis en dissidence après le parachutage du ministre de la santé Philippe Bas, le candidat investi par l'UMP sur la circo, «il faut mettre le paquet» comme dirait Jean-Marie Bigard : des promesses électorales en voici en voilà, des coups d'cidre en fin de réunions publiques et des autocollants "anti-Bas" sur les autos et les panneaux d'affichage. (cf. image à droite)

Le bilan, je le présenterai par thématique (agriculture, éducation nationale, transport, énergie, justice, …). 
Ce sera plus clair et donc moins confus dans vos petites têtes.
On peut espérer que vous allez retenir 10% de ce qui va être écrit ci-après. Sinon prenez vite un RDV auprès de votre médecin. Alzheimer vous guette.
Aujourd'hui, je vous parlerai des services publics et plus précisément celui de la justice. Avec un focus sur la circonscription.

Pour ceux qui ont assisté à mes meetings en 2007 et bu en fin de réunions des bolées (comme on dit chez moi à Locmariaquer en Bretagne) de cidre Loïc Raison® (2), j'ai défendu les services publics. 
J'ai même demandé leur sauvegarde en milieu rural (3).

Pas de chance en cinq ans - durée de mon mandat -, deux collèges (le Teilleul et Juvigny-le-Tertre), de nombreuses classes d'écoles, des perceptions (Ducey, …), des bureaux de Poste de plein exercice … ont fermés.
Sans oublier les deux tribunaux emblématiques du sud-Manche : le Tribunal d'Instance de Mortain transféré à Avranches et le Tribunal de Grande Instance d'Avranches (photo à droite) transféré à Coutances. 
Amusant quand même ce jeu de chaise musicale juridictionnelle.

C'est en juin 2007, quelques semaines après l'élection de Nicolas et de la mienne, que la garde des Sceaux (= ministre de la Justice) Rachida Dati a lancé sa grande réforme de la carte judiciaire.
Son objectif : réduire le nombre de tribunaux sur le territoire pour selon l'argumentaire du ministère «gagner en qualité, en efficacité et en crédibilité tout en restant proche des citoyen». (4)

Je me suis dit «si les français gobent cela, alors tout est possible» pour reprendre le slogan (un peu modifié) de la campagne de la présidentielle 2007 («ensemble tout devient possible»). 

En tout cas deux tribunaux locaux étaient sur la sellette et même sur la charrette. Nous l'avons vu : le Tribunal d'Instance de Mortain et le Tribunal de Grande Instance d'Avranches.
On me dit : «le TGI d'Avranches fermé, les justiciables devront se déplacer à Coutances située à 50 minutes d'Avranches et 70 minutes de Saint-Hilaire-du-Harcouët. Cela compromet l'accessibilité de tous et toutes à la justice». 
Entre-nous relativisons. Coutances, ce n'est pas le bout du monde à l'heure de la mondialisation … 
Et puis quand c'est pour assister au concert de Didier Barbelivien, Enrico Macias ou Nolween Leroy au Zénith à Caen ou au Liberté à Rennes les justiciables du sud Manche ne regardent pas le compteur kilométrique ...  

Comme d'hab', interpellé dans la presse, j'ai rassuré les habitants, les professionnels de la justice (avocats, personnel des tribunaux, …) et les élus. 
Dans Ouest-France j'ai annoncé que «rien, absolument rien n'est décidé».
Dans l'édition de 20 octobre 2007, j'ai déclaré :«[la fermeture du TGI d'Avranches] ne reste qu'une proposition. Les négociations restent  ouvertes». (4)
Heureusement que je n'ai pas le nez de Pinocchio …

Il a fallu sauver les apparences dans le sud Manche. 
Faire croire que j'ai tout fait et tout mis en oeuvre pour sauvegarder les tribunaux. 
J'ai demandé un rendez-vous auprès de la Ministre de la Justice (jamais obtenu mis à part une audience auprès d'un conseiller technique, encore un technocrate). 
J'ai promis aux avranchinais le déplacement ladite ministre à Avranches pour expliquer la réforme. Tout comme moi, ils l'attendent encore.
J'ai expliqué que dans toute ville où le TGI est fermé, le ministère pourrait «renforcer» le Tribunal d'Instance en le dotant de compétences élargies (relevant du TGI) notamment le contentieux familial qui représente environ 50% des affaires civiles. Projet toujours dans les cartons mais cette annonce bidon a fait retomber la pression. (4)
Je ne pouvais pas en faire plus quand même! Je suis dépouté de la majorité présidentielle et parlementaire. Et cette réforme si c'est Rachida qui l'a porté, c'est Nicolas qui l'a souhaité. 
J'allais pas me mettre en travers du président et sacrifier ma carrière politique. 
Tant pis pour la circo. Elle s'en remettra.

Naturellement les avocats locaux ont défendu leur bout de gras. Ils ont fait la grève et manifesté à Avranches. Ils se sont même déplacés à Paris place Vendôme, siège de la Chancellerie. Ils étaient beaux à la télévision habillés tout en noir, la couleur du deuil. Prémonitoire.

vidéo : grève au pénal des avocats du TGI d'Avranches (source : F3 BN mardi 23 octobre 2007) :


Les fermetures des tribunaux ont eu lieu comme prévues : fin 2009  pour le Tribunal d'Instance de Mortain et l'année suivante fin 2010 pour le Tribunal de Grande d'Instance d'Avranches. 
Courageusement le 17 décembre 2010 j'étais absent lors de la cérémonie de fermeture du TGI d'Avranches, ville où je suis quand même le maire. (4)

Il faut reconnaître que tout n'est pas parfait dans cette réforme, mais cela aurait pu être pire. Avranches aurait pu perdre tous ses tribunaux (instance, prud'homme). Ahah. C'est pour rire!!!
Il faut positiver et ne pas tomber dans le catastrophisme.

Comme pour la ligne THT Cotentin-Maine, les barrages sur la Sélune, … dossiers défendus à titre purement électoraliste, je me suis ramassé.
Est-ce-que je m'en fais? Non! 
Car quoi que je fasse les électeurs voteront pour moi.
Je suis le candidat de droite et je vous préviens que toutes les autres candidats de droite à venir ce sont des imposteurs. 
Et je peux ne pas être très brillant à l'Assemblée Nationale comme dans la circonscription, le territoire est à droite.
Ma ré-élection est donc assurée. Le bonheur.

Pour conclure et rester dans l'actualité judiciaire, le 4 avril 2012, à quelques mois des élections, un nouveau décret a été publié dans le Journal Officiel pour ouvrir aux hommes politiques l'accès à la profession d'avocat sans passer l'examen (le Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat, pas facile à obtenir). 
Au grand dam de la profession. Jamais content.
Deux conditions sont nécessaires : «participer directement à l'élaboration de la loi» et cela pendant 8 ans. 
Si à l'origine le texte ne concernait que les assistants parlementaires, il a été étendu aux parlementaires et aux ministres.
Ainsi moi, comme mes collaborateurs - Antoine (Delaunay) et Lydie (Crespin) - pourrions, si j'étais réélu et si je les conservais à ma permanence, au bout de 8 ans devenir avocat sans passer le CAPA.
J'en connais quelques uns qui feraient la tronche : les avocats de la place, notamment Jean-Pierre Gouédard, le leader de l'opposition municipale.

Moi ce que j'aimerai surtout c'est que le gouvernement prenne un décret permettant aux parlementaires de devenir professeur de faculté de droit sans passer les concours internes … C'est mon rêve caché de devenir professeur en Université.

En attendant, à très bientôt sur gwenaouel-houet.blogspot.fr
et surtout n'oubliez pas le 10 juin 2012, votez pour moi!

votre dévoué Gwénaouël
Guénhaël Huet député de la Manche